Donald Trump se livre au New York Times: "La seule chose qui m'arrêtera c'est mon sens moral, mon esprit"
Par Elena Lionnet avec agences
Mercredi 8 janvier, le président Trump a invité dans le Bureau ovale de la Maison Blanche quatre journalistes du quotidien "The New York Times". Au cours de l'entretien qui a duré plus de deux heures, en présence du vice-président Vance et du secrétaire d'État Rubio, il abordé sa vision du monde.
Mercredi 8 janvier, le président Trump a invité dans le Bureau ovale de la Maison Blanche quatre journalistes du quotidien "The New York Times". Au cours de l'entretien qui a duré plus de deux heures, en présence du vice-président Vance et du secrétaire d'État Rubio, il abordé sa vision du monde. "My own morality. My own mind. It’s the only thing that can stop me", "Mon sens de la morale. Mon esprit. C'est la seule chose qui peut m'arrêter" a répondu Donald Trump à un panel de 4 journalistes du quotidien américain "The New York Times" qui lui demandait quelles seraient les limites à sa capacité d'utilisation de la force militaire américaine. Le 8 janvier le président américain a accordé une longue interview exceptionnelle et inédite, quand on connait la détestation qu'il porte à la presse . Au cours de cet entretien, qui s'est déroulé dans le bureau ovale en présence du vice-président Vance et du secrétaire d'État Rubio, le président américain a répondu à des questions sur le conflit en Ukraine, le Groenland et l'Otan. Il a également commenté la vidéo du meurtre d'une femme américaine tué par balles par un agent de l'ICE à Minneapolis advenu quelques heures plus tôt.
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Le président américain a aussi pris un appel du président colombien Gustavo Petro, en demandant aux journalistes présents de ne pas relater ce qui se serait dit pendant la conversation, qui a duré une heure. Il a également dit que les États-Unis resteront au Venezuela aussi longtemps qu'il le voudra. L'entretien a été enregistré et photographié par le quotidien américain. Il sera transcrit entièrement et publié dans les prochains jours par le New York Times . Donald Trump a déclaré que son pouvoir en tant que commandant en chef des forces américaines n'était limité que par sa "propre morale" , en balayant le droit international et d'autres questions sur sa capacité à utiliser l'armée pour frapper, envahir ou contraindre des nations partout dans le monde. "Je n'ai pas besoin du droit international" a-t-il ajouté. Quand les journalistes ont insisté sur la nécessité de respecter le droit international, Donald Trump a dit "bien sûr" mais il a également fait clairement entendre qu'il déciderait quand ces contraintes s'appliqueront aux États-Unis: "tout dépend de ce que vous entendez par droit international." Voici les principaux points de sa vision de la politique étrangère: La situation au Venezuela Donald Trump a affirmé que les États-Unis pourraient rester au Venezuela et exploiter ses immenses gisements de pétrole pendant "plusieurs années" . "Nous allons le reconstruire de manière très rentable" , a déclaré Donald Trump. "Nous allons utiliser du pétrole, et nous allons en prendre. Nous allons faire baisser les prix du pétrole et nous allons donner de l'argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin." Relire Venezuela: vers une restauration des liens diplomatiques avec les États-Unis ? Donald Trump n'a pas expliqué pourquoi il a choisi de soutenir la vice-présidente Delcy Rodríguez comme dirigeante du pays et pas María Corina Machado , la leader de l'opposition en exil, qui a remporté le prix Nobel de la Paix en 2025. Il a affirmé que Marco Rubio lui parle "tout le temps". Il s'est complimenté sur la facon dont s'est déroulée la capture de Nicola Maduro et sa femme la comparant à d'autres opérations américaines, comme celle du président Carter pour la libération des otages en Iran, en avril 1980. Relire Venezuela: l'opération des États-Unis pour capturer Nicolas Maduro a provoqué au moins "100 morts" Il a ensuite déclaré que les États-Unis avaient déjà commencé à gagner de l'argent avec le pétrole vénézuélien qui se trouve sous embargo à cause des sanctions. Mais il n'a pas dit combien de temps cela mettrait pour récupérer es 30 à 50 millions de barils dont il a parlé le 7 janvier. Il admet que cela pourra prendre des années pour remettre en route le secteur pétrolier du pays. Il a refusé de dire ce qui pourrait le pousser à déployer des forces américaines sur le terrain dans le pays.
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Les journalistes du New York Times lui ont demandé si son intervention au Venezuela n'avait pas créé un précédent qu’il pourrait regretter plus tard, notamment en ce qui concerner la Chine et Tawan. Donald Trump a répondu que sa vision de la menace posée par le Venezuela de Maduro était assez différente de celle de Xi Jin Ping concernant Taïwan. "C’était une menace réelle", a-t-il déclaré à propos du Venezuela. "Il n’y avait pas de gens qui affluaient en Chine", a-t-il soutenu, répétant son affirmation maintes fois selon laquelle Nicola Maduro avait largué les membres de gangs aux États-Unis. Donald Trump a ajouté : "Il n'y avait pas de drogues affluant en Chine. Il n'y avait pas toutes les mauvaises choses que nous avons connues. Les prisons de Taïwan n'étaient pas ouvertes et les gens affluaient en Chine" , ou, a-t-il dit plus tard, les criminels et autres "affluaient en Russie" . Le Nigeria Il a menacé de frapper encore le Nigeria "s'ils continuent de tuer des chrétiens". Les journalistes lui demandé ce qu'il pensait de la déclaration du conseilleur Afique sur le fait que l'État islamique et Boko Haram tuent plus de musulmans que de chrétiens, ce à quoi Donald Trump a répondu "je pense que des musulmans sont tués au Nigeria, mais ce sont surtout des chrétiens."
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L'OTAN Donald Trump a évoqué le succès de ses frappes sur le programme nucléaire iranien, la rapidité avec laquelle il a décapité le gouvernement vénézuélien il y a une semaine et ses desseins sur le Groenland, contrôlé par le Danemark, un allié de l'OTAN. A ce propos, interrogé sur quelle serait sa priorité, préserver l'OTAN ou obtenir le Groenland, Donald Trump a évité de répondre directement mais a admis "qu'il s'agit d'un choix". Il a clairement fait entendre que l'OTAN était inutile sans les États-Unis. Relire "Un autre homme": comment Donald Trump s'est converti à l'Otan après avoir fait plier ses partenaires Il a fait valoir que lui seul – et non ses deux prédécesseurs Joe Biden et Barack Obama – s’est montré capable de persuader les pays de l’OTAN de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut à la défense. "Je veux qu'ils se mettent en forme" , a-t-il déclaré à leur sujet. "Je pense que nous nous entendrons toujours avec l'Europe, mais je veux qu'elle se remette en forme. C'est moi qui l'ai amené à dépenser plus pour, vous savez, plus de PIB pour l'OTAN. Mais si vous regardez l'OTAN, la Russie, je peux vous dire qu'elle ne se soucie d'aucun autre pays que nous." Le Groenland Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il avait besoin de posséder le territoire, il a répondu : "Parce que c'est ce qui, selon moi, est psychologiquement nécessaire pour réussir. Je pense que la propriété vous donne quelque chose que vous ne pouvez pas faire, qu'il s'agisse d'un bail ou d'un traité. La propriété vous donne des choses et des éléments que vous ne pouvez pas obtenir en signant simplement un document."
La conversation a clairement montré, selon le New York Times, que, aux yeux de Trump, la souveraineté et les frontières nationales sont moins importantes que le rôle particulier que jouent les États-Unis en tant que protecteurs de l’Occident. Il ne suffisait pas d’exercer le droit des États-Unis, en vertu d’un traité de 1951, de rouvrir des bases militaires fermées depuis longtemps sur cet immense territoire, qui constitue un carrefour stratégiquement important pour les opérations navales américaines, européennes, chinoises et russes. La guerre en Ukraine Donald Trump semble ouvert à défendre l'Ukraine mais avec un bémol. Il a affirmé vouloir engager les États-Unis dans la future défense de l'Ukraine mais uniquement parce qu'il était certain que la Russie ne tentera pas d'envahier à nouveau le pays. "J'ai la forte impression qu'ils ne vont pas re-envahir l'Ukraine, et moi je ne serais pas d'accord" a-t-il affirmé le 8 janvier aux journalistes du New York Times. Il a affirmé être très " loyal envers l'Europe. J'ai fait du bon boulot. Si ce n'avait pas été pour moi, la Russie aurait toute l'Ukraine maintenant." Relire "Poutine m'a vraiment laissé tomber": comment Donald Trump s'est retrouvé dans l'impasse face à la guerre en Ukraine Il ne semblait pas préoccupé par le fait que le dernier accord majeur de contrôle des armements nucléaires avec la Russie va expirer dans quatre semaines. "S'il expire, il expire", a-t-il déclaré. "Nous allons simplement parvenir à un meilleur accord" , a-t-il ajouté, insistant sur le fait que la Chine, qui possède l’arsenal qui connaît la croissance la plus rapide au monde, devrait être incluse dans tout futur accord. Le président Donald Trump a ensuite parlé de sa santé sans se braquer. Il a commenté la vidéo de l'assassinat par un membre de l'ICE d'une femme américaine à Minnéapolis. Il a poursuivi sur les travaux qu'il compte faire à la Maison blanche.