Février 2026 à la bibliothèque des Tanneries
Agenda Permanences
La permanence c'est un moment pour emprunter des livres, en rendre, en lire, en chercher et se perdre dans les rayonnages, ou tout simplement se poser au calme.
Prochaines permanences mercredi 11 et mercredi 25 février, de 16h à 20h .
Arpentage
Un arpentage, c'est un mode de lecture collectif issue de l'éducation populaire où la lecture d'un livre est partagée en autant de parties qu'il y a de participant·es.
Ce mois-ci on arpente Orient-Occident, la fracture imaginaire , de Georges Corm :
« Pour nombre d'observateurs, les événements du 11 septembre 2001 confirment l'hostilité supposée millénaire entre l'Orient et l'Occident. Dans cet essai incisif, George Corm explique pourquoi il s'agit en réalité d'une "fracture imaginaire", cachant de façon très opportune des intérêts de puissances très profanes. Remontant aux sources de ce sentiment de fossé infranchissable, il explique comment se sont imposés au XIX e siècle les clichés d'un Orient mystique, archaïque et irrationnel et d'un Occident matérialiste, rationaliste et individualiste. Les passions soulevées par les événements du 11 septembre et le rebondissement prévisible du drame israélo-palestinien, ont contribué à figer dangereusement la pensée critique. »
Rendez-vous mercredi 25 février à 18h , à la bibliothèque des Tanneries. Vous pouvez venir pour assister à la restitution et participer à la discussion qui suivra, mais aussi pour vous inscrire à l'arpentage suivant qui devrait avoir lieu le mercredi 25 mars.
Dans l'actualité
Les luttes des Kurdes à l'honneur.
Depuis fin janvier l'expérience autogestionnaire au Rojava est en péril, coincée entre les assauts du pouvoir central syrien et la Turquie. Une campagne de soutien international tente de visibiliser leur situation et de pousser les gouvernements occidentaux à agir en leur faveur. À Dijon un rassemblement a eu lieu le 24 janvier, et un prochain devrait rapidement être annoncé pour le samedi 7 février. Côté iranien les Kurdes sont par ailleurs en première ligne de toutes les révoltes qui ont secoué le pays ces dernières décennies.
Un autre futur pour le Kurdistan ?
Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique
Pierre Bance
Noir & Rouge
On ne peut rien comprendre de ce qui se passe au Kurdistan turc et syrien si l'on ignore l'idée et la stratégie qui inspire le parti des travailleurs du Kurdistan ( PKK ) après son abandon du marxisme-léninisme et sa renonciation à construire un état kurde . Cette idée et cette stratégie sont contenues dans le confédéralisme démocratique pensé par le leader du PKK Abdullah Öcalan , lui-même inspiré par le municipalisme libertaire du philosophe américain Murray Boockchin .
Les organisations autonomes de la société civile ( associations , syndicats , groupes ethniques et religieux , partis , etc... ) se mettent en réseau et s'appuient sur des instances politiques ( municipalités et parlementaires ) pour marginaliser l'état et le rendre inutile , pour remplacer le capitalisme par la socialisation de l'économie .
Comment la révolution sociale au Kurdistan n'intéresserait-elle pas tous ceux qui croient en un autre futur .
Nous vous écrivons depuis la révolution
Récits de femmes internationalistes au Rojava
Syllepse
« Ce livre est parti d'un désir et d'une nécessité : partager les expériences, les rencontres et les émotions qui nous ont traversées au cœur de la révolution du Rojava. Un désir, parce qu'autant de beauté, d'énergie et d'espoir doivent être diffusés le plus largement possible et doivent pouvoir imprégner chacune de nos vies, chaque lutte à travers le monde. Une nécessité parce qu'il est de notre responsabilité de ne pas faire de ce temps au Rojava une expérience personnelle, mais de faire connaître le projet et la réalité révolutionnaire de celles qui nous ont tant appris. »
L'ouvrage que vous tenez entre vos mains a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient.
Avec ce récit, elles nous invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base...
Textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews, autant de formes différentes qui font palpiter ce livre et permettent d'approcher les émotions les plus intimes, la pratique quotidienne et les enjeux géopolitiques.
Une porte ouverte aux réflexions et discussions pour se nourrir ici de ce qui est expérimenté là-bas.
La réponse kurde
Sylvie Jan
Pascal Torre
Éditions France-Kurdistan
Le 9 janvier 2013, trois militantes kurdes sont assassinées dans Paris. Une vague d'émotion et d'indignation parcourt l'ensemble du pays. Au cours de l'été 2014, la terreur islamiste propulse à nouveau la question kurde sur le devant de la scène.
Nombreux sont ceux qui s'interrogent, manifestent un besoin de découvrir, de s'informer, de comprendre afin de lever la chape de plomb qui assourdit cet autre drame du Moyen-Orient.
Divisés en quatre entités étatiques après le traité de Lausanne (1923), niés dans leur existence, sommés d'abdiquer leur identité, persécutés, les kurdes résistent et élaborent progressivement des réponses d'une grande modernité pour trouver une issue au conflit et faire reconnaître leurs droits politiques et culturels.
Avec cet ouvrage, l'association France-Kurdistan, entend mieux faire connaître ce peuple pour que grandissent la solidarité et l'exigence de paix.
Nous sommes le cri d'un peuple
Histoire de Sêal et Arîn, combattantes kurdes
Loez
Éditions ici-bas
Ce livre entremêle plusieurs histoires. D'abord celle de Newroz Hassan, nom de guerre : Sêal Cudî. Puis celle de Fatma Aktaş, nom de guerre : Arîn Mirkan. Enfin, celle du mouvement de résistance du peuple kurde dont le paradigme politique inspire aujourd'hui des millions de personnes à travers le monde.
Nous sommes le cri d'un peuple n'est pas un récit journalistique, c'est le fruit d'une écriture à l'écoute, pleine de sensibilité, c'est une conversation entre les mots que Sêal et Arîn ont laissé derrière elles, après leur décès sur le champ de bataille, et ceux que l'auteur a recueillis en partant sur leurs traces. Car Sêal, Arîn et les Kurdes en lutte ne sont pas des sujets ; ce sont des camarades.
Nouveautés Un paysage du renversement
Des agriculteurs à l'école du sol
Éditions du commun
Les agriculteurs sont aujourd'hui fortement questionnés sur leurs pratiques par une société préoccupée par l'écologie, la santé et la sécurité alimentaire. La clameur va montant, mais les réponses apportées par les agriculteurs sont-elles rendues visibles aux yeux des citoyens en attente ? Pas toujours.
En passant sous la surface du paysage, dans l'épaisseur du sol, ce livre témoigne justement d'un processus d'apprentissage et d'expérimentation développé par un groupe d'agriculteurs sur le pourtour du Marais poitevin, territoire de fortes controverses environnementales. Une brèche se crée par des alliances avec la vie du sol, les plantes et les arbres ; un chemin d'autonomie s'invente face au système qui a forgé les pratiques et les paysages agricoles de ces cinquante dernières années.
Ce texte apporte un témoignage, à caractère ethnographique, sur l'un des mouvements qui traversent l'agriculture d'aujourd'hui, et en prépare, à sa manière, une possible refondation.
Un paysan contre Monsanto
Paul François, avec Anne-Laure Barret
Fayard
C'est un acte anodin qui lui aura presque coûté la vie.
Le 27 avril 2004, Paul François, agriculteur, jette un oeil au fond d'une cuve contenant du désherbant. Gravement intoxiqué par les vapeurs du Lasso, un herbicide de Monsanto alors autorisé en France, le céréalier passe plusieurs jours dans le coma et près d'un an à l'hôpital.
Le 10 septembre 2015, après plus de dix ans de combat, la cour d'appel de Lyon reconnaît la responsabilité de la multinationale. Mais cette condamnation historique, confirmant celle déjà prononcée en 2012, ne marque pas la fin de son épuisant marathon judiciaire. En juillet 2017, la cour de cassation annule l'arrêt lyonnais et renvoie son cas devant une autre cour d'appel. Alors qu'il se lance dans cette nouvelle bataille, Paul François prend la plume pour dévoiler les coulisses de son terrible combat contre la multinationale américaine.
Déni des graves séquelles causées par le produit, tentatives de déstabilisation, violence des arguments du camp adverse, il nous livre le récit haletant d'une lutte à armes inégales.
La démocratie aux champs
Joëlle Zask
Les empêcheurs de penser en rond /La Découverte
On a l'habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l'usine, du commerce, de la ville. Le paysan resterait un personnage au mieux simple et vertueux, au pire arriéré et réactionnaire, n'ayant que haine et mépris pour la ville, la société et le progrès authentique. À l'opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre l'agriculteur ou le jardinier et la terre cultivée, favorise la formation de la citoyenneté. Défile alors sous nos yeux un cortège étonnant d'expériences démocratiques.
Du jardin d'Éden qu'Adam doit « cultiver » et, en même temps, « garder », c'est-à-dire dont il doit prendre soin, à la « petite république » que fut la ferme pour Jefferson, les hortillonnages médiévaux d'Amiens, l'agriculture urbaine de Savannah vers 1750, les kibboutz israéliens, les jardins ouvriers et familiaux, l'agriculture environnementale actuelle, les « incroyables comestibles » de Todmorden, les jardins partagés urbains, et bien d'autres épisodes tous plus inventifs les uns que les autres. Aujourd'hui, des millions de gens s'engagent dans des expériences agricoles qui représentent une puissance de changement considérable. Cultiver la terre n'est pas un travail comme un autre. Ce n'est pas d'abord suer, arracher, rentabiliser, s'essouffler, souffrir, arraisonner. C'est, en premier lieu, dialoguer, écouter, proposer, prendre une initiative et écouter la réponse, mêler des rythmes et des logiques différents, viser l'avenir sachant qu'on ne peut calculer à coup sûr. Sous cet angle, l'agriculture comme culture de la terre n'ont rien de commun avec la production agro-industrielle et l'organisation capitaliste de cette production. Elles s'en distinguent comme la subsistance se distingue du profit, la fertilité s'oppose au rendement, comme l'occupation ou la jouissance de la terre se distinguent de son appropriation.
La fabrique des pandémies
Marie Monique Robin
La Découverte
« Voir un lien entre la pollution de l'air, la biodiversité et la covid-19 relève du surréalisme, pas de la science ! », affirmait Luc Ferry en mars 2020, accusant les écologistes de « récupération politique ». Voilà un philosophe bien mal informé. Car, depuis les années 2000, des centaines de scientifiques tirent la sonnette d'alarme : les activités humaines, en précipitant l'effondrement de la biodiversité, ont créé les conditions d'une « épidémie de pandémies ».
C'est ce que montre cet essai, mobilisant de nombreux travaux et des entretiens inédits avec plus de soixante chercheurs du monde entier. En apportant enfin une vision d'ensemble, accessible à tous, Marie-Monique Robin contribue à dissiper le grand aveuglement collectif qui empêchait d'agir. Le constat est sans appel : la destruction des écosystèmes par la déforestation, l'urbanisation, l'agriculture industrielle et la globalisation économique menace directement la santé planétaire.
Cette destruction est à l'origine des « zoonoses », transmises par des animaux aux humains : d'Ébola à la covid-19, elles font partie des « nouvelles maladies émergentes » qui se multiplient, par des mécanismes clairement expliqués dans ce livre. Où on verra aussi comment, si rien n'est fait, d'autres pandémies, pires encore, suivront. Et pourquoi, plutôt que la course vaine aux vaccins ou le confinement chronique de la population, le seul antidote est la préservation de la biodiversité, impliquant d'en finir avec l'emprise délétère du modèle économique dominant sur les écosystèmes.
Lewis Mumford
Pour une juste plénitude
Thierry Paquot
Le passager clandestin
Lewis Mumford nous aide à dénoncer les méfaits du « toujours plus » et du « gigantisme » propres au capitalisme actuel, afin de redonner à chacun sa part d'autonomie, indispensable au mieux-être.
Lewis Mumford se présente comme un « généraliste » heureux de l'être, car cela lui permet d'associer des disciplines opposées, d'enrichir des questionnements inattendus, de contester des interprétations, à ses yeux, unilatérales. Lecteur infatigable, il puise dans ses lectures de quoi nourrir sa curiosité et prendre position. Mumford n'est pas vraiment un activiste, comme on dit aux États-Unis, mais un « intellectuel public », qui n'hésite pas à dénoncer la bombe atomique au lendemain du bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, l'urbanisme au bulldozer de Robert Moses à New York, les agissements du Président Johnson au Vietnam, etc.
L'une de ses originalités et de ses forces est, chaque fois, de miser sur l'individu, sa capacité à devenir lui-même, malgré les obstacles de tous ordres. Les « besoins croissants » de ses concitoyens le désespèrent. Mumford possède un incroyable esprit critique, une culture transdisciplinaire et une volonté de changer le monde qui lui permettent d'élaborer de nombreuses alternatives. Il milite pour un régionalisme décentralisé, une ville à « taille humaine », un équilibre entre l'industrie et l'agriculture, et surtout il adhère à cette idée neuve à l'époque d'une démocratie de l'entraide et de la plénitude. Son œuvre s'inscrit dans le prolongement d'une tradition méconnue de pensée communautaire qui débute avec les œuvres des géographes anarchistes Pierre Kropotkine et Élisée Reclus. Critique d'une organisation économique qui sacrifie le progrès de l'humanité au perfectionnement des machines, l'auteur revient au souci du bien public, à la recherche d'un équilibre écologique et à la coopération sociale comme base de notre milieu de vie.
Les auteurs réunis dans cette collection constituent les racines de la pensée politique de la décroissance. L'apport de Mumford à cette pensée est présenté ici par Thierry Paquot ; la seconde partie de l'ouvrage est composée d'extraits qui offrent un accès direct à son œuvre.
Pour en finir avec le gaspillage alimentaire
Estelle Richard
Écosociété
Du champ à l'assiette, c'est environ la moitié des aliments qui sont jetés sans avoir été consommés. Devant ce gaspillage alimentaire qui ne cesse de prendre de l'ampleur, Estelle Richard lance un appel à l'action, dans nos cuisines et nos frigos. Bien que ce phénomène soit largement attribuable à l'agrobusiness et au mode de consommation qu'il encourage, il dépend également de la gestion de la nourriture dans les chaumières. Pour Estelle Richard, chaque personne peut agir et avoir une influence significative afin de renverser la tendance. En plus de détailler les causes structurelles du gaspillage alimentaire, elle partage ses trucs et astuces pour mieux conserver et consommer nos denrées. Les étapes d'une campagne de mobilisation citoyenne sont aussi au menu de ce plaidoyer qui nous invite à renouer avec la réelle valeur des aliments. De quoi envisager une société sans gaspillage, un coup de fourchette à la fois.
Qu'est-ce que le crime environnemental ?
Grégory Salle
Seuil Anthropocène
Un quart du commerce mondial de bois serait illégal, le saviez-vous ? Sous l'influence des organisations internationales, l'existence d'une « délinquance écologique », d'une « criminalité environnementale » est désormais visible. Elle prend la forme du trafic d'espèces sauvages protégées, du déversement illicite de déchets toxiques ou de la contrebande de ressources naturelles. Mafias et autres réseaux clandestins opérant dans le Sud global en seraient les principaux acteurs et bénéficiaires.
Et si ces représentations étaient tronquées, voire trompeuses ? Dépassant la conception commune, dont il retrace la genèse et la diffusion, ce livre invite à penser le crime environnemental au-delà de ses manifestations les plus spectaculaires. Contre le juridisme, il soutient que la focalisation sur les infractions patentées sert commodément d'alibi au saccage légal de notre Terre. Aberration ou distorsion, la criminalité environnementale ? Plutôt une expression, arbitrairement stigmatisée, d'un système socio-économique fondé sur l'exploitation.
Se dire lesbienne
Natacha Chetcuti
Petite bibliothèque Payot
Cet essai est le premier à s'être attaché à l'intimité des lesbiennes en s'appuyant sur des récits de vie aussi bien hétérosexuels que lesbiens. Décrivant les trois parcours qui mènent à la construction de soi comme lesbienne et s'intéresse au coming out, montrant en particulier que la mise en couple est une manière privilégiée de se dire et de se révéler socialement lesbienne. S'il étudie les modalités de la rencontre et les manières d'être en couple, il tire également son originalité de l'analyse des scripts sexuels des lesbiennes et comporte en outre un très utile petit glossaire du vocabulaire lesbien.
Descente au coeur du mâle
Raphaël Lioger
Les liens qui libèrent
Bien sûr, une main baladeuse dans une rame de métro, une remarque désobligeante en pleine rue, le harcèlement au travail et un viol caractérisé n'ont pas la même gravité. Mais ces actions s'enracinent dans la même culture virile. Le plafond de verre, l'infériorité des revenus à compétences égales, toutes ces inégalités de traitement n'en sont que les effets dérivés. Le mouvement #MeToo, loin d'être une chasse aux mâles, pose une seule question, décisive entre toutes : qu'est-ce qu'une femme dans les yeux des hommes du XXI e siècle ? Tenter d'y répondre nous plonge au coeur d'une des plus profondes contradictions de la modernité.
Rose2rage
Théophylle Dcx
Éditions Burn Août
L'écriture de Théophylle Dcx, rythmée, découpée, évoque un besoin urgent de retracer les affects qui le parcourent. De ses danses de survie sur ses tubes d'adolescence jusqu'à l'écoute collective de leurs remix version nightcore des années plus tard, Théophylle Dcx nous fait le récit de son histoire. Il écrit ce que peut être la vie d'une jeune personne queer séropo aujourd'hui : les violences qui la traversent, tout comme les moments de jouissance qui la rendent flamboyante. Son texte est un puissant hommage à Alexandre, son camarade de vie et de danse, décédé un an plus tôt.
La guerre civile en France, 1958-1962
Du coup d'État gaulliste à la fin de l' OAS
Grey Anderson
La Fabrique
Mai 1958, c'est le début d'une séquence insurrectionnelle où le sort de la France s'est joué à Alger, c'est la fin de la IV e République et le retour au pouvoir de de Gaulle savamment orchestré par le cercle des fidèles, c'est l'arrivée aux commandes d'une nouvelle équipe qui va construire et faire accepter une Constitution encore en vigueur après un demi-siècle. Bref, mai 1958, c'est un moment fondamental au sens fort du terme.
D'où vient donc que, s'agissant de commémoration, ce moment est éclipsé par rapport à mai 1968, toujours célébré, toujours commenté y compris par ses adversaires ?
Les chapitres de ce livre donnent la réponse : si mai 1968 est un moment joyeux et solaire, les quatre années de guerre civile qui s'écoulent entre la prise du gouvernement général à Alger le 13 mai 1958 et la fin de l' OAS au printemps 1962 n'ont rien que l'on aime se rappeler : une haine et une violence extrêmes, l'usage généralisé de la torture, les exactions policières contre les Algériens révoltés et ceux qui les soutiennent, le mensonge officiel qui présente le retrait d'Algérie comme une victoire et le complot initial comme le triomphe de la démocratie…
Écrit par un universitaire américain, ce livre dévoile les mécanismes du refoulement de cette réalité douloureuse qui a façonné durablement l'État français et ses institutions.
Déborder Bolloré
Faire face au libéralisme autoritaire dans le monde du livre
Ouvrage collectif
Coédition collective
À l'heure où les plus riches et conservateurs de ce monde s'emparent de l'ensemble des outils de la production des idées pour asseoir leur discours fasciste, nous avons fait le choix de réunir nos forces. Nous sommes 128 structures éditoriales indépendantes à co-éditer Déborder Bolloré. Contre la concentration, il nous faut penser la dispersion.
19 contributions depuis différentes perspectives dressent un état des lieux du libéralisme autoritaire dans le monde du livre et de la précarité de nos métiers. Cette publication est aussi une façon d'encourager la micro édition, la libre circulation des idées et des textes, les lectures et arpentages, le regroupement des forces créatives pour occuper les brèches et penser notre multiplicité.
Le national-capitalisme autoritaire
P.-Y. Hénin & A. Insel
Bleu autour
Le modèle occidental du capitalisme libéral, considéré comme le plus compatible avec la démocratie, paraissait victorieux à la chute du communisme. Mais il est aujourd'hui contesté par un capitalisme autoritaire et nationaliste qui est à l'oeuvre de la Chine au Brésil, en passant par la Russie, la Turquie et plusieurs pays d'Europe centrale à régime « populiste ».
Sous des modalités variées, ce national-capitalisme autoritaire (NaCA) tend à associer l'efficacité des économies de marché à l'exercice autoritaire, voire dictatorial, du pouvoir. Il est d'autant plus menaçant que le modèle occidental – crise de la Covid aidant – présente des fragilités économiques, sociales et politiques qui le font douter de ses propres valeurs. En témoignent le soutien populaire dont Donald Trump continue de bénéficier ou le tropisme chinois de la Hongrie de Victor Orbán.
Un autre futur pour le Kurdistan ?
Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique
Pierre Bance
Noir & Rouge
Voir descriptif plus haut dans la rubrique « Dans l'actualité ».
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La nouvelle Turquie d'Erdogan
Du rêve démocratique à la dérive autoritaire
Ahmet Insel
La Découverte
Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l' AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique, Recep Tayyip Erdogan. Ce pouvoir « musulman-démocrate » a profondément modifié le pays : urbanisation, forte croissance de l'économie, négociations avec l'Union européenne, rôle majeur au Moyen-Orient, etc.
Pour autant, le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. L'armée turque a perdu son rôle de tutelle du régime, au prix de procès politiques fortement entachés d'irrégularités. Depuis 2008, les négociations avec l' UE piétinent. Des pas courageux pour résoudre le problème kurde ont été suivis par des mesures répressives, qui se sont étendues à l'ensemble des revendications démocratiques. Les protestations de Gezi, en 2013, ont révélé le visage autoritaire du pouvoir et les mutations en cours de la société.
Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d'ascension de l' AKP , la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d'Erdogan malgré les affaires de corruption et la lutte ouverte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi que la société turque est constamment tiraillée entre culpabilités refoulées et désir de libération, entre peur de perdre son identité socio-historique et volonté d'être pleinement dans le monde moderne.
Le Liban contemporain
Histoire et société
Georges Corm
La Découverte
L'histoire du Liban contemporain, ce petit pays clé du Moyen-Orient objet des convoitises des puissances régionales et internationales depuis trois siècles, est mal connue. Elle a trop souvent été écrite en fonction de la géopolitique internationale, interdisant ainsi de cerner la réalité complexe de cette société, marquée par l'interpénétration de l'islam et du christianisme depuis treize siècles. D'où de nombreux clichés, exploités pour stimuler la fièvre destructrice qui, entre 1975 et 1990, s'est emparée du pays, pris dans les affres du conflit israélo-arabe et de la guerre froide. De « Suisse du Moyen-Orient », le Liban est devenu alors une sorte de repoussoir, archétype des situations de fragmentation et de communautarisation d'une société.
Au rebours de ces clichés, ce livre tente de dénouer les fils enchevêtrés de l'histoire du Liban depuis son ouverture sur l'Europe au XVII e siècle jusqu'au début du XXI e siècle. Georges Corm s'attache à forger des clés de compréhension des événements et des comportements des acteurs de cette histoire, afin de dépasser les langues de bois qui ne mettent l'accent que sur les communautés et leur diversité ou leurs évolutions divergentes. Il invite à réfléchir sur les phénomènes communautaires, en analysant le jeu complexe des facteurs endogènes et exogènes dans l'évolution historique du pays, jusqu'à ses développements les plus récents, comme la création du Tribunal spécial sur le Liban, magistralement analysé ici.
Orient-Occident, la fracture imaginaire
Georges Corm
La Découverte
Nous allons arpenter ce livre le mercredi 25 février. Voir descriptif plus haut, dans la rubrique « arpentage ».
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Pouvoir et puissance
Sébastien Charbonnier
Vrin
Refuser de parvenir est une pratique radicale qui met à genoux « le pouvoir ». Mais sait-on de quoi il retourne derrière ce singulier trompeur, qui souvent fascine alors qu'il devrait nous interroger ? Comment se fait-il que tant de parts en nous aspirent à cette solution de facilité que sont les rapports de pouvoirs ?
Nous sommes toutes et tous, en nous-mêmes, à la croisée d'intersectionnalités divergentes : à la fois opprimé·es et oppresseur·es selon les perspectives. Comment agir, depuis ces contradictions qui nous traversent, sans convoquer nos parts de dominant·e « au service » de nos luttes ?
La thèse défendue ici est : « refuser de devenir oppresseur·e » (souci des autres) résout le problème de l'emprise : « échapper au statut d'opprimé·e » (souci de soi). C'est en réalité un seul et même problème : il s'agit d'échapper à la logique des rapports de pouvoirs qui nous rivent à l'impuissance d'une vie sans relations avec soi, les autres et le monde – en rendant enviable d'« avoir » du pouvoir.
Refusant ce piège, nous pourrons déployer nos communes puissances d'agir : c'est une question entièrement pratique !
Sébastien Charbonnier présentera Pouvoir et puissance le mercredi 18 février à la libraire La Fleur qui pousse à l'intérieur. La présentation sera précédée d'un atelier animé par l'auteur. Plus d'infos :
Le refus de parvenir : rencontre et atelier à la librairie La Fleur qui pousse Rencontre à la librairie La Fleur qui pousse mercredi 18 février. À 18h : rencontre avec Sébastien Charbonnier, auteur de « Pouvoir et puissance - refuser de parvenir : une joie pure » ; à 19h30 : atelier collectif autour du refus de parvenir. 3 février
En castillan (en castellano) Leon Trotsky, La revolucion permanente , Édiciones popolares los Andes Marta Harnecker, Los conceptos elementales des materialismo historico , Editorial Arnier Hnos Marta Harnecker, Federico Fuentes, Conociendos al P- MAS , Germinal / Arandura Marta Harnecker, Federico Fuentes, MAS IPSP , Instrumento politico que surge de los movimientos sociales , Bancada de disputados MAS - ISPS Consejo de formacion politica Àlvaro Garcia Linera, La potencia plebeya, Accion e identitades indigenas, obreras y populares en Bolivia , Clacso / Prometeo Alberto Valencia Gutiérrez (ed.), Exclusion social y construccion de la publico en Colombia , CIDSE / CEREC Gabriel Garcià Màrquez, En agosto nos vemos , Debolsillo
Un grand merci à tous·tes les donateur·rices !
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